COLLORISME

 

Collorisme def : préjugé ou discrimination envers les individus ayant une couleur de peau plus foncée. Cette discrimination est généralement exercée parmi des personnes faisant partie du même groupe ethnique ou racial.

 

Je n’écris pas cet article dans l’espoir de vous convaincre que le collorisme existe. On ne débat pas sur des faits. Si vous n’êtes pas convaincus que le collorisme existe, je vous invite à cliquer sur le petit « x » en haut à droite de votre écran. Cet article n’est pas pour vous.

J’écris cet article pour discuter de la façon dont le collorisme affecte les femmes noires particulièrement : je veux parler d’un collorisme genré. On vit dans un monde où il existe plusieurs systèmes d’oppression et contrairement à ce qu’on pourrait croire, ces systèmes d’oppressions opèrent rarement seuls. Par exemple, le racisme que j’expérimente, en tant que femme noire est toujours affecté par le fait que je sois une femme. L’homophobie qu’expérimente une personne noire homosexuel, sera toujours racisée. Pareil pour une personne noire qui vit avec un handicap, le racisme qu’elle va expérimenter sera aussi capaciste. On pourrait dire que ces oppressions sont multidimensionnelles, mais ce n’est pas totalement exact. Ces oppressions ne se rencontrent pas à une intersection…elles coexistent de façon permanente.

Le collorisme et le sexisme sont coexistant de façon permanente pour les femmes noires à la peau plus foncée, pour cette raison, elles n’expérimentent pas le collorisme de la même façon que les hommes noirs.

Le collorisme et le fait qu’on idolâtre l’esthétique de la suprématie blanche (le nez fin, les cheveux longs lisses, les yeux bleus, verts etc.) font qu’on néglige les femmes noires à la peau foncée. En fait, on abuse d’elles. Les femmes noires qui ont la peau plus claires et celles qui sont métisses (métis : dont les traits se rapprochent de l’esthétisme blanc, qui ne sont pas trop négroïdes), sont mises sur un piédestal. Encore une fois, ceci n’est pas un sujet de débat; je ne débats pas sur des faits.

On nous envoie constamment ce message de façon implicite ou explicite, qu’on en ait conscience ou non, que les femmes plus claires sont les meilleures. Graduellement, mais sûrement, la femme noire avec les 3C curls, la peau claire et les yeux verts est devenu LA représentation de la femme noire. Elle est celle qui se rapproche le plus esthétiquement de la femme blanche (l’épitôme de la féminité), donc c’est celle qu’il faut.

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Je sais, je sais: « Tout le monde a droit à ses préférences! ». Oui. Mais il faut comprendre que tes « préférences » ne vivent pas dans un cocon à l’abri du système suprématiste blanc dans lequel tu vis. Ce système a probablement construit ces préférences, que tu déclares être tiennes.

Le colorisme et l'esthetic supremasist blanc

La société patriarcale dans laquelle on vit, évalue la valeur d’une femme selon son taux de désirabilité. Et pour être vue comme désirable, il faut qu’elle puisse répondre aux standards de beauté établis par la société. Les femmes blanches répondent automatiquement à la plupart de ces standards. Les femmes noires à la peau claire et/ou avec des traits raciaux ambigus sont celles qui se rapprochent le plus de ces standards dans la communauté noire, donc elles sont considérées comme plus désirables, plus importantes et elles sont plus respectées.

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On nie souvent l’existence du collorisme quand ce problème est souligné, malgré le fait qu’il soit omniprésent. Et lorsque des femmes noires à la peau foncée essaient de parler de ce sujet, on les fait taire sous prétexte que « Nous sommes tous noirs! Il faut arrêter la division! » Cette réplique ressemble étrangement à celle qu’on donne aux noirs lorsqu’on parle de racisme « Nous sommes tous humains! Il faut arrêter la division! » Alors, pourquoi répète-t-on les mêmes arguments?

Les femmes noires « darkskin » veulent parler de collorisme et on leur empêche d’en parler…à cause du collorisme. Parce que leurs voix, leurs opinions et leurs sentiments ne comptent pas. C’est criant, c’est partout. Que ce soit implicite ou explicite, le collorisme est partout dans nos médias. Et si on se tait, si on ne dit rien, on devient complice.

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J’insiste également sur importancw de faire la différence entre l’intimidation et l’oppression systémique. Le collorisme est une oppression systémique qui affecte les personnes à la peau plus foncée chaque jour. Si on te niaise, ou qu’on est arrogant avec toi parce que tu es trop pâle pour « être un vrai noir », c’est de l’intimidation, pas une oppression systémique. Les deux ne sont aucunement comparables. On ne peut pas avoir la peau claire et vivre du collorisme, le collorisme va dans un seul sens. Avoir la peau claire est un privilège.

Et être privilégié ne veut pas dire que tu es moins noir qu’un autre. Cela ne veut pas dire non plus que tu n’expérimentes pas de racisme. Cela veut simplement dire qu’il y a des barrières que tu ne vas jamais rencontrer, des problèmes que tu ne vas jamais avoir à expérimenter, parce que ta peau est plus claire. Et le devoir qu’on a en tant que personne privilégiée, c’est de reconnaître ses privilèges et de passer le micro à ceux qui ne bénéficient pas d’autant de privilège.

On veut croire qu’on élève également les femmes noires à la peau plus foncée, mais la réalité est que lorsqu’on porte attention à ces femmes, elles répondent par d’autres critères esthétiques de la suprématie blanche (minces, élancées, traits fins). Si une fille à la peau foncée ne leur ressemble pas, elle a ces critères. On admire le fait qu’elles puissent répondre à ces critères, mais pas leur personne. Elles sont plus souvent méprisées, hyper sexualisées et ignorées. Et continuer ce problème, c’est leur faire violence.

Il est important de se lever et de combattre TOUTES les formes d’oppressions, surtout dans les cas où nous faisons partie de ceux qui bénéficient d’une particulière oppression. Nous pouvons être à la fois oppresseurs et oppressés. Dans ce système, ces deux situations ne sont pas mutuellement exclusives.

Critiquer le système lorsque nous sommes oppressés est beaucoup plus facile à faire que lorsque nous sommes les oppresseurs. Pourtant, c’est ce qui détermine si nous sommes réellement à la recherche de liberté… ou simplement à la recherche de pouvoir.

Parce que la liberté est pour tous, mais le pouvoir n’est que pour quelques-uns.

 

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Une réflexion au sujet de « COLLORISME »

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